Alighiero e Boetti

Insicuro noncurante

« À partir du 30 avril, la Villa Arson présente une importante exposition Alighiero Boetti.
Une cinquantaine d’œœuvres, parcourant vingt années de son travail, montreront la diversité de sa production, sans pour autant prétendre en saisir la totalité.
La série Mappa (broderies de la carte du monde), les Lavori postali, les travaux consacrés aux mille fleuves les plus longs du monde, les transpositions de séries mathématiques, etc. permettront de mettre en évidence l’importance de Boetti par rapport à l’Arte povera et souvent même par rapport à des travaux plus contemporains.
À l’occasion de l’exposition un livre-catalogue Insicuro Noncurante, dont le principe a été proposé par Alighiero Boetti, est édité avec :
– d’une part, les photographies des œœuvres,
– et d’autre part, une série de textes de Giovan Battista Salerno, tirés du « Manuale di conoscenza » : manuscrit qui accompagne le travail de Boetti depuis une dizaine d’années.

Deux manières différentes de représentation de l’œœuvre juxtaposées : texte et image.
Encore une fois Alighiero e Boetti font un travail double, humoristique et ouvert.
Cette exposition a été réalisée en coproduction avec le Nouveau Musée de Villeurbanne et le Stedelijk van Abbe Museum d’Eindhoven, grâce à l’aide du Consulat Général d’Italie et la Compagnie Alitalia.

À l’origine nous trouvons l’observation d’un simple geste, la notation d’une idée banale, presque trop simple, presque trop banale pour valoir d’être retenue. Cela se transforme en objet valorisant du même coup le geste ou l’idée d’origine : les « trouvailles » de Boetti relèvent de cette dialectique entre prétexte et matérialisation, hasard et système.
Du geste à l’objet, de l’idée à son renversement, du « Moi » à l’« autre » ces doubles mouvements et leurs imprévisibles conséquences sont fondamentaux pour comprendre le travail d’Alighiero (e) Boetti.
Il n’y a pas ici d’esprit de système comme dans l’art conceptuel. Pas davantage, comme dans la tradition, de développement continu, de « progrès » dans l’œœuvre. La dynamique se réalise plutôt en cycles distincts propagés à partir d’autant « trouvailles ». Cycles indéfiniment ouverts et théoriquement infinis : ils sont entre eux dans un rapport dialectique et créent donc constamment de nouveaux systèmes. Le geste ou l’idée d’origine y perdent singulièrement de leur simplicité. »
(communiqué de presse de l’exposition)