Claudio Parmiggiani

Nous sommes le résultat du passé. C’est nous qui sommes les vrais anciens, dit Parmiggiani. Il faut prendre sa conviction à la lettre. Ses oeuvres ne témoignent pas de notre condition historique. Elles ne sont pas non plus des métaphores de l’art du passé. Quand bien même leur lexique en provient-il, leur modèle ne saurait être qu’intérieur et qu’intime, selon la solitude radicale d’une expérience spirituelle intemporelle. Se tourner vers le passé, c’est simplement une façon de regarder en soi-même, dit-il encore, et aussi : je ne vois pas mes compagnons (Louxor, 1980). L’étrange présence de ses pièces tient à leur condensation intempestive. Elles subsument et annulent le passé dans leur intuition de l’instant, c’est-à-dire de l’éternité. Pour être post-moderne, il faudrait déjà que cette théorie de l’art admette la modernité, c’est-à-dire l’historicisme, et plus encore l’histoire, autrement dit l’irréversibilité du devenir humain et son cortège d’entropies. Le temps de Parmiggiani s’enroule dans une boucle infinie. Les “iconostases” n’ont d’autre lieu que cette assomption.”
(texte de Christian Bernard, extrait de la publication)