des récits ordinaires

Vous êtes attablé•e avec des amis, dans un bar. Vous discutez d’une ou de plusieurs œuvres. Vous êtes-vous déjà demandé si cette conversation participait de la vie publique de l’œuvre en question ? Si on limitait la durée de vie d’une œuvre aux horaires d’ouverture de ses expositions, combien elle serait réduite ! Mais prenez en compte tous les moments où elle est racontée, discutée, mise en relation avec d’autres…
Les conversations, informelles, ordinaires, sont le véhicule qui permet à une œuvre de traverser les âges. Elles sont un des lieux où les œuvres se transmettent, se refont, existent.
Les œuvres ont des modes d’existence multiples, et selon les modes, des propriétés, des comportements différents. S’est-on jamais demandé quelles propriétés les œuvres avaient dans une conversation ? Certainement pas les mêmes que dans les livres ou dans le face-à-face physique.
Et si, dans une conversation, ce n’était plus nous qui parlions au sujet d’une œuvre, mais l’œuvre elle-même qui se mettait en action ? des récits ordinaires voudrait explorer cette hypothèse : partir à la recherche de ces propriétés. des récits ordinaires invite à se fabriquer une nouvelle oreille. Pour que, dès le lendemain, dans un bar, attablé•e avec quelques amis, et discutant d’une œuvre, ou de plusieurs, vous puissiez détecter une présence : « dans cette conversation, une œuvre est en train de s’activer »… G.C., Y. K., F. L.