Didier Marcel

« Le travail de Didier Marcel se ramènerait à un élargissement progressif du champ de la sculpture. Au travers de sa production apparaissent trois chantiers laissés ouverts.
Tout d’abord l’objet sculpté trouve une logique tendue entre le fabriqué et la représentation -l’inventé et le préexistant. Les objets de dimensions modestes et d’une facture soignée, présentés sur des grands socles, participent à une dramatisation de l’espace.
Un principe de réalité se précise par l’apparition d’objets en plâtre (copies à l’échelle 1) et, plus tard, dans des maquettes de démolition réalisées d’après des photographies de friches industrielles. Ces objets engagent parallèlement une réflexion sur la présentation dans la mesure où ils composent avec des éléments de mobilier (tabourets, tables, tréteaux).
Cette évolution du travail fait apparaître des environnements d’une qualité intermédiaire entre le salon et le paysage, entre l’espace privé et l’image collective. Les propositions s’articulent à partir du sol comme élément déterminant. Recouvert d’une moquette, il devient une surface accueillante où sont posés des maquettes, des éléments de mobilier, des sculptures et des blocs de pierre. La rencontre brutale des échelles ouvre une réflexion singulière sur la sculpture.
Le projet d’exposition à la Villa Arson réunit un choix d’œuvres couvrant l’ensemble du parcours organisé suivant une partition dictée par la complexité du lieu. Les travaux récents proposent des éléments naturels (meules de paille) contenus dans des volumes simples en plexiglas, déposés sur des sols recouverts de moquette. Ces sortes de mise sous vide font apparaître un refroidissement de l’objet naturel tendu vers une urbanité.
L’exposition de la Villa Arson est la première à proposer une lecture qui articule les différentes étapes de la production artistique de l’artiste : des petits objets à l’échelle 1 aux éléments naturels surdimensionnés dans les salles d’exposition, des maquettes d’architecture aux mises sous vide d’objets mobiliers. Dans ce parcours, l’artiste propose « une réflexion sur les rapports de l’objet avec ses modalités de présentation » entre sculpture et architecture. Le quotidien et le banal dont il s’empare en « refaiseur », sont à la source d’une sculpture anti-monumentale et anti-héroïque. »
(extrait communiqué de presse de l’exposition)

Didier Marcel est né en 1961 à Besançon. Après des études à l’École des Beaux-Arts de Besançon et une année à l’Institut National des Hautes Études en Arts Plastiques, il commence à exposer : participation aux Ateliers de l’Arc en 1988, puis à partir de 1990, des expositions à la galerie Froment-Putman à Paris. Il participe à de nombreuses expositions collectives au Capc Musée d’art contemporain, Bordeaux, au Magasin, Grenoble, au Nouveau Musée, Villeurbanne, au Domaine de Kerguéhennec, au CRAC, Sète et à la Fondation Cartier, Paris. Son œuvre est présente dans plusieurs collections publiques.