Didier Vermeiren

« Cette exposition (qui comporte une quarantaine de sculptures) couvre quinze ans d’une recherche fondamentale sur la présence de la sculpture, son champ (espace, orientation, gravité) ainsi que les matériaux et les techniques utilisés.
Les œuvres de Didier Vermeiren présentées dans cette exposition sont à voir comme de véritables sculptures, son « motif » de départ, le socle étant à comprendre comme une sorte de prétexte à sculpter.
Deux erreurs sont à éviter dans la lecture de ce travail. Tout d’abord il ne s’agit pas de « ready made », c’est-à-dire uniquement de réemploi de socles existants et il faut en rechercher les références davantage dans la tradition de la sculpture que chez Marcel Duchamp : il y a, en effet, un véritable travail d’atelier, et l’utilisation de techniques du moulage (bois, plâtre, bronze) et de la taille (marbre, pierre de France).
D’autre part, on notera que la sculpture est bien présente physiquement dans l’espace ; on sent son poids et l’importante manutention qu’a nécessité son installation. Il ne s’agit donc pas, non plus, d’un propos sur l’absence de sculpture !
On sera attentif aux phénomènes de renvois. Beaucoup de sculptures trouvent leur « modèle » dans un socle existant dans tel ou tel musée – ce que rappellent les titres inscrits sur les cartels avec une très grande précision. Par ailleurs, d’une œuvre à l’autre on pourra percevoir des passages qui du moule au tirage nous conduisent par exemple à une superposition en tête-bêche ou à un moule sur socle.
Cet art convoque donc tout à la fois une sensibilité aux effets physiques de la sculpture, à sa présence, mais aussi une double mémoire : celle de l’histoire de la sculpture et celle de l’histoire de l’évolution interne de l’œuvre.
L’exposition est co-produite avec le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles et le Commissariat Général aux Relations Internationales de la Communauté Française de Belgique. »
(communiqué de presse de l’exposition)