Dominique Angel

« La pensée sauvage est obsédée par l’idée d’un ordre qui lui permette de comprendre les lois cachées du monde, de construire un lieu mental pour entreprendre la conquête intellectuelle du réel. Symétriquement mais à rebours, Angel, partant d’une situation historique sophistiquée où domine l’analytique, recherche implicitement un en-deçà du contrôlé où sommeillent dans les profondeurs actives de l’imaginaire subjectif des forces capables d’arracher l’art à la complaisance négative de cette lucidité froide et radicale, ironique et hautaine qui baigne la production contemporaine.
Dans cette hypothèse, le non-dit de l’oeuvre porterait la marque d’un romantisme obstiné, empreint de la nostalgie légère et phantasmatique d’un état primitif où l’imaginaire non pétri de culture résonnait en tremblant devant les mystères du monde, dans une communion dont l’immédiateté magique était le gage de l’authenticité. Introuvable original de l’acte créateur en notre époque de naïveté perdue, dont Angel élude avec sagesse la quête directe, mais dont la sous-jacence est perceptible sous les afféteries délibérées de l’humour. »
(texte de Jean-Marc Réol, extrait de la publication)