Erika Magdalinski

Résidents à la Villa Arson

« Diffusion, fulguration, radiance de la lumière, rumeur originelle d’un fond noir qui accède à la surface des choses et défait leur contour en se propageant à l’ensemble des formes qui ne sont plus qu’autant de seuils énergétiques (expansion-contradiction), de tendances dynamiques ( émanation-conversion) d’un mouvement incorporel où s’ajoutent les textures incertaines du clair et de l’obscur : voilà, au plus court, pour les caractéristiques majeures de cet art pictural. Il substitue au sens plastique du modelé, à la présentation linéaire clivant les figures pour protéger l’essence de leur »finitude » de la confusion du dehors et du dedans – à l’art de la ligne donc -, l’apparaître maniériste, le surgissement malerisch de la tâche modulante, que la langue allemande nomme « Mal » inscrivant ainsi le fait pictural, le malen du peindre, au plus près du latin macula = tâche. « Mal » pour dire le stigmate de l’être, l’essentielle fission de l’apparaissant, avec ce dehors du dedans qui emporte la vie des surface dans le chaos irisé de la profindeur grise, du sans-fons du monde, du fond purement optique d’avant le monde « d’où l’ordre de l’univers va jaillir et rayonner dans toutes les dimensions » (Klee). De sorte aussi que les figures n’existent qu’issues de la courbure de l’espace total, l’Ouvert  qu’elles motivent. »
(texte de Eric Alliez, extrait du catalogue)