François Martin

Ziggourat

« Le travail de Martin est profondément étranger à la mythologie comme horizon originaire ou récit indépassable. Rien n’est plus absent de son sentiment des choses que le ressentiment héroïque, et aucune oeuvre, en outre, ne saurait se confondre avec la déclinaison de ses empêchements. Martin se tient dans l’insistance infime du présent multiple. Ce sont fétus et brindilles tenaces dont il tresse sa demeure. La plus frêle, la plus manquée de ces peintures est toujours déjà avénement et jeu. Si échouée soit-elle, c’est encore son salut de filmer le naufrage, autrement dit de naufrager ce qui la nie. Ces oeuvres retournent par là-même toute perspective entropique. Sans destin ni destination, elles se souviennent du chaos comme de ce qui advient et dansent comme au premier jour sur la boucle insensée du monde épars. »
(texte de Christian Bernard, extrait de la publication)