Galerie carrée

« À l’inverse du cycle Sous le soleil, le cycle Galerie carrée, qui le chevauche partiellement, s’est développé en une suite d’expositions monographiques s’enchaînant à raison d’au moins trois par an depuis 1990. Soit dix-sept expositions en cinq ans, toutes commandées, conçues et réalisées pour un seul et même espace, celui de la « Galerie carrée » de la Villa Arson. On peut y voir une sorte de feuilleton en huis-clos, tissé d’une succession de monologues tout entiers tributaires du même décor et comme adressés à lui. Une investigation en dix-sept épisodes dont toute la trame ne consisterait qu’à recommencer inlassablement la perquisition du théâtre du crime en changeant à chaque fois d’enquêteur.

L’idée du cycle Galerie Carrée, qui devait embrayer la relève de Sous le soleil et permettre un retour intra muros, trouve son origine dès 1986 dans l’emploi que Didier Vermeiren avait fait de cette salle lors de la présentation des dix premières années de son travail. Le topos de la grande galerie des sculptures, chère au musée du XIXème siècle, y était exemplairement réinvesti et réinventé.
À l’occasion de sa « retrospective » en 1987, Niele Toroni avait à son tour pointé une tout autre ressource de la salle en intervenant à l’intérieur même des puits de lumière (dont Maurizio Nannucci devait faire la situation exclusive de son Anthologie, en 1992). De si probantes indications ne pouvait qu’inciter à destiner un tel lieu à un projet spécifique qui en ferait le cadre et le prétexte. Il ne s’agissait pas pour autant d’en faire le thème même de l’invitation des artistes mais simplement d’y circonscrire la scène de la commande. »
(texte de Christian Bernard, extrait du catalogue de l’exposition)