Harald F. Müller

Exposition(s) :
Galerie Carrée, Villa Arson, Nice
11 janvier – 16 février 1992

Après avoir exposé une sculpture et deux grandes pièces photographiques dans le cadre du Désenchantement du Monde, en 1990, Harald F. Müller revient à la Villa Arson, deux ans plus tard, avec une exposition personnelle. Il montre dans la Galerie Carrée un dispositif qui réunit sculpture et photographie en occupant le centre de la salle avec un module architectural cubique sur lequel se détachent quatre immenses cibachromes. Le catalogue qui présente les œuvres dans le contexte, en mettant notamment l’accent sur les décrochements des images du mur, offre une véritable remise en situation de l’exposition. Il dresse également l’inventaire des images sur lesquelles l’artiste allemand travaille : une quinzaine de photographies parfaitement anonymes et sans qualité, issues de la culture d’entreprise, sans cesse reproduites dans des conditions d’agrandissement et de perte de définition différentes. Christian Bernard analyse la dimension picturale qu’acquièrent ces images banales au cours de ce lent processus d’appropriation. De son côté, le texte théorique d’Hubert Charbit, oppose la vacuité des photographies choisies par Harald F. Müller à la persistance du lointain qu’elles figurent. En insistant sur leur avancée physique dans l’espace et sur l’éclat de leur surface, il observe comment ces images se rechargent d’une sorte « d’aura négative » pour aller, au sens propre comme au figuré, au-devant du regardeur.