Jean-Baptiste Ganne

« Jean-Baptiste Ganne collectionne les « images faibles », sans qualité, s’intéresse aux compositions florales abandonnées sur de vieilles cartes postales, aux boîtes d’allumettes reproduisant des cyclistes (Les Objets, 1998), aux femmes de dos dans la rue (Prolégomènes, 1999). À chaque fois, il s’agit (par le recadrage, l’agrandissement) de charger d’une signification neuve des flots d’images stéréotypées sur lesquels le regard n’accroche plus. Plus retors, depuis 1998, il illustre aussi, chapitre par chapitre, Le Capital ; l’ouvrage de Karl Marx devient le synopsis d’un incommensurable roman-photo sur la visibilité des rapports marchands et de leurs effets, tout en constituant une réflexion sur la duplicité rhétorique de l’image photographique. Car Jean-Baptiste Ganne est avant tout un photographe. À rebours de la vogue du sampling pictural, il s’attache aujourd’hui à produire ses propres images. Pas pour valoriser son statut d’auteur ; au contraire. Ses photographies n’étalent aucune généralité stylistique, aucune subjectivité. Elles font croire qu’elles pourraient avoir été produites pour l’industrie de masse du photoreportage. Elles ne s’attachent cependant pas tant à regarder le monde qu’à tâcher de saisir comment on nous le donne à voir. »
(extrait communiqué de presse de l’exposition)

Jean-Baptiste Ganne est né en 1972.
Ancien étudiant de l’École Nationale Supérieure d’Art de la Villa Arson, il vit et travaille à Nice et à Amsterdam.