Joachim Mogarra

Paysages

« Quand Magritte peint, dans un même tableau, sous la représentation d’une pipe, celle de la phrase, scolairement calligraphiée, « ci n’est pas une pipe », il affirme au moins ceci que c’est d’abord un tableau que nous avons sous les yeux et que la « trahison des images » et de la réalité est constitutive de la peinture. Quand Mogarra nomme Paysage un tableau photographique représentant une plante verte, il affirme d’abord, et contre toute évidence post-magrittienne, que ceci n’est pas une photographie et que ce n’est pas non plus qu’une plante en pot mais bel et bien un paysage. Autrement dit, l’objet figuré dépasse aussi bien la fiction de sa représentation artistique que la réalité de son usage domestique, de sa « condition sociale ». Par un double renversement spéculaire, le dispositif texte + image destitue la représentation au profit d’une revalorisation paradoxale de la réalité. »
(texte de Christian Bernard, extrait de la publication)