Martin Caminiti Philippe Sommerhalter

« Son statement, comme il convient de dire, a consisté à déplacer la question du déplacement en prenant pour sujet – et objets – de sa sculpture les ustensiles mêmes du transport des objets (…).
ll n’y avait plus dès lors qu’à expérimenter les variations d’effets que pouvait offrir l’assemblage des divers véhicules à sa portée: diables, chariots à bagages, landaus, bicyclettes, valets, etc. – déclinaison décorative et narrative menée avec élégance, drôlerie et détachement. On aura compris que par là-même, et bien qu’il en conserve certains gestes, ce travail sortait du champ propre de la sculpture pour se placer sur son bord en mettant en représentation ironique certains de ses constituants et en jouant à sa façon de ce que Jon Elster appelle les « effets essentiellement secondaires ».
(texte de Christian Bernard, extrait de la publication)

« En faisant fonctionner des chambres à air comme noyau de ses pièces, Sommerhalter introduit avec humour l’idée que la substance de la sculpture et son champ d’inscription peuvent être de même nature et met du même coup en perspective ironique cette phrase de Naum Gabo : « Dans notre sculpture l’espace n’est plus une abstraction logique ou une idée transcendantale : il est devenu un élément matériel malléable. ll est devenu une réalité. »
Cependant, au-delà du jeu avec les mots, des qualités repérables dans le contrôle de la mise en œuvre, de la valeur matériologique à la fois brute et somptueuse du caoutchouc et de l’acier, du caractère homogène de l’ensemble, ces pièces reflètent une étrangeté particulière due à leur ambiguïté constitutive. »
(texte de Jean-Marc Réol, extrait de la publication)