Martin Walde

Les œuvres de Martin Walde paraissent perpétuer quelque chose de l’art informel des années 60. Elles procèdent par accumulation de matériaux que le hasard, l’entropie ou les réactions chimiques mettent en forme : cordes et morceaux de cordes (Tie or Untie, 1999-2001), rubans de plastique (Nature’s Own Flexible Facsimilé,1997), grenouilles (Frogs,1997-2001) ou vers de terre (Worm Complex, 1997), cire en liquéfaction lente (Shrinking Bottle/Melting Bottle, 1994). Ces œuvres n’évacuent pas pour autant toute dimension narrative. Martin Walde insère ses gelées mystérieuses, ses latex fluorescents dans les circulations du sens commun comme autant d’insolites objets transitionnels, artefacts évadés d’une réserve de Land-Art postiche. Plutôt qu’en spectateur, c’est en expérimentateur que l’on doit approcher les œuvres de Martin Walde. Tous ses objets gagnent à être sentis, touchés, écoutés, vécus. Certaines installations invitent même au bricolage ou à d’inédits montages, à manipuler du savon (Jelly Soaps, 1995-1998), de drôles de voiles (Siamese Shadows, 1997-2001) ou des rustines dans un atelier de réparation de chambres à air (Aftermath the Garage,1999-2000).