Michel Houssin

« Se touchent, se superposent, se voisinent, se lorgnent, se toisent comme il est normal dans la rue. Les uns à côté des autres. À la tête leu leu. Dans la solitude, la défiance, l’attirance, comme il est normal dans la rue. C’est là qu’ils sont. En foule. Ainsi, ils sont montrés, sur le mur du temps, révélés. Cargaison. Tassés ou distants. Ils sont. En foule, en exode. Dans la mise à nu, dans le dénuement. Ainsi. Chacun avec son mur invisible qui le sépare. Ainsi sont-ils. Cargaison. En foule. En exil. En exode. Largués. Tels qu’ils sont. Dans le tourment, dans le dénuement. Exil. Exit. Transit. Largués dans le tourment d’être et de s’accrocher et de continuer à être. Avec la revendication égoïste. Et de s’accrocher. »
(texte de Pierre Tilman, extrait de la publication)