Natacha Lesueur

« Le corps, c’était de la chair ; c’était ce qui, au tribunal du modernisme, jamais ne ment. La chair (et a fortiori nue), comme support, se voulait la garantie même de l’infalsifiable. Aujourd’hui, cette question ne présente plus beaucoup d’intérêt, sinon en tant que falsification d’elle même (bien que certains doutent qu’elle fût jamais authentique…). Je ne me demande pas pourquoi ? Non. Simplement, son crédit est épuisé.

Natacha Lesueur ne veut donc pas avoir de compte à rendre à la pathétique postérité de l’authentique. À aucun moment ses images photographiques ne revendiquent le « ça-a-été » barthésien qui prétend prendre la réalité par les sentiments et la tenir par la peau du dos. Au contraire : si ce sont les corps et ses sous-ensembles fantasmés que l’on retrouve mis en scène avec constance désarmante, ils ne le sont jamais en tant que métonymie d’un sujet. Ils ne mendient pas plus de compassion que n’en mendierait la crème qu’on vient de fouetter. »
(extrait du texte de Maxime Matray depuis le catalogue)