Olaf Metzel

« Pour sa première exposition personnelle importante en France, Olaf Metzel a conçu pour la Galerie Carrée de la Villa Arson une sculpture Troisième printemps qui n’existera que durant le temps de l’exposition. Cette œuvre, réalisée essentiellement à partir de grillage, de fil de fer et de poteaux, est pensée par rapport à l’espace et modifie l’aspect de la salle : sa luminosité, sa vastitude et son homogénéité.
Barrant partiellement l’espace, la sculpture se veut à la fois barricade et protection. « La mise en scène » renforçant l’aspect claustrophobe et le choix des matériaux, d’origine industrielle et communs, rendent tangibles, au-delà de toute dénonciation précisément ciblée, la sécurité et la violence.
Dans l’ensemble de son œuvre, Olaf Metzel a recours à des matériaux usuels pour construire des environnements, des installations ou des sculptures dont les critiques ont souvent souligné les implications politiques. Certaines œuvres font référence à des situations précises : polémique sur la mort d’un terroriste allemand emprisonné, violence des Hooligans, situations de familles turques de Berlin, « Les parcs de loisir collectif ». Elles s’enracinent dans la vie quotidienne allemande à l’instar des œuvres de Mike Kelley en relation avec la vie dans la Californie du Sud. Si Olaf Metzel refuse d’être considéré comme un artiste politique et ses œuvres ont une certaine opacité de ce point de vue, très différentes de celles de Hans Haacke, il utilise le terme de « contexte de vie » pour situer des relations entre le contrôle esthétique et les sujets sociaux ou politiques.
De nombreuses œuvres, de Türkenwohnung Abstand 12.000 DM VB (Appartement turc reprise de bail 12.000 DM à débattre) à 13.4.1981 ou Freitreppe (Escalier), conduisent à des rapprochements visuels avec l’ordre constructiviste des russes, avec l’autodestruction en art de Gustav Metzger ou avec les monuments ironiques de Claes Oldenburg. Metzel assigne toujours intuitivement à sa production une dimension agressive et sarcastique : dans l’exposition Freizeitpark (Park de loisirs), Munich 1996, l’art, la visite de l’exposition dévaluaient le temps des loisirs et l’attraction pour les situations dramatiques. »
(communiqué de presse de l’exposition)