Personne sait plus

« Aujourd’hui on peut faire de l’art dans n’importe quel lieu – c’est une question d’organisation, d’infrastructure, de flexibilité. Les limites sont floues. Il y aura toujours des zones frontalières. Pour élargir le spectre de la société, c’est bien ainsi.
Que l’on tourne un film pour la télévision ou que l’on produise des sculptures : ce sera toujours quelque chose d’autre.
De toute façon les rituels prestigieux de la société de consommation ont déformé la relation de la société avec les choses. Elle est entre les mains des stratèges du marketing qui dressent le
consommateur en bout de chaîne en éternel consommateur passif. À cette situation réagissent les artistes de l’exposition par des stratégies diverses.

Nevin Aladag, crée par ses travaux en relation avec l’espace des instants de la mémoire dans un équilibre sensible entre réalité et fiction.
Née en Turquie, en 1972, vit et travaille à Munich.

Dans ses installations, Simone Böhm considère le temps comme liaison thématique et décompose l’espace comme définition du présent.
Née en Allemagne en 1971, vit à et travaille à Londres.

Stephen Craig, travaille sur la tradition de l’architecture contemporaine et les questions concernant la représentation de l’art.
Né en Irlande du Nord en 1960, vit et travaille à Hambourg.

Les commentaires ironiques et agressifs de Jens Haanings font allusion au cadre commercial de l’art pour en même temps mettre en cause l’engagement social.
Né en 1965, vit et travaille à Copenhague.

Ralf Homann développe son travail à travers la pratique des médias. La réflexion de ses pions devient chez cet artiste un jeu subversif.
Né en 1962, vit et travaille à Munich.

La mise à jour des situations nomades dans la réalité des sociétés des biens est au centre des installations de Daniel Knorr.
Né en 1968 en Roumanie, vit et travaille à Berlin.

Rainer Oldendorf a choisi des voies alternatives dans la recherche. Il confronte l’architecture dans son contexte à ses conditions sociales et historiques.
Né en 1961 en Allemagne, vit et travaille à Paris et à Lörrach.

Ces attitudes très diverses sont le point du départ du projet de l’exposition Personne sait plus. Pendant trois semaines de préparation, les artistes invités à la Villa Arson compareront et présenteront leurs positions dans un processus expérimental.
Le titre de l’exposition est emprunté au livre, Keiner weiss mehr, de Rolf Dieter Brinkmann paru en 1968. En 1975, à l’âge de 35 ans, il fut renversé à Londres par un taxi. Brinkmann décrit le sentiment de vivre d’une nouvelle génération qui n’est pas encore établie. « Dans les écouteurs chez les disquaires, on entendait constamment des voix étranges, des discussions lointaines, des bruits qui vous enveloppaient doucement. » Ceci fait depuis longtemps partie de la culture, la pop-culture courante, et contrairement à la génération de 68, les artistes nés dans les années 60 ont pour la plupart plus de questions à poser que de réponses à donner.
Une publication rendra compte des discussions, esquisses, photographies et travaux réalisés sur place. »
(extrait communiqué de presse de l’exposition écrit par Olaf Metzel)