Stéphane Calais

« La pratique du dessin construit d’abord un axe autour de quoi viennent s’articuler toutes les productions de Stéphane Calais. Des croquis préparatoires aux dessins muraux ou architectoniques, en passant par les formats les plus divers sur papier, l’acte de dessiner travaille et façonne l’œuvre en entier, l’agglomère en un seul projet, indivisible, et qu’on ne saurait réduire à la somme de ses parties. L’ironie qu’appuie le trait calaisien et qui cerne chacune de ses images (à tous les sens du terme et, par exemple, comme dans : « rendez-vous, l’image, vous êtes cernée ! »), empêche les petits bouts de réel de fuir en vrac, de se dissiper dans le ready-made ou l’à-propos maniériste, mais signe aussi une espèce de nonchalance nietzschéenne (celle de l’esprit libre, « entraîné à se tenir sur les cordes les plus ténues »). Stéphane Calais cite volontiers, pille parfois et opère, sur le dos du modernisme, captations d’héritages et détournements formels, sans pour autant faire de l’appropriation un dessein. Ses œuvres dialoguent les unes avec les autres en un ping-pong séparatiste et virtuose où il ne s’agit pas tant de croiser des références historiques que de croiser le fer avec l’histoire elle-même et ses revenants. Fourrière fouriériste, phalanstère pictural, grappe scélérate à géométrie variable, l’entreprise calaisienne est utopiste par vertu et par nécessité, comme « la poche d’air entre la glace et l’eau ». »
(extrait communiqué de presse de l’exposition)

Stéphane Calais est né en 1967. Il vit et travaille à Paris.