Tatiana Trouvé

édition française

L’exposition de Tatiana Trouvé prend forme autour d’une ballade/rébus dans la partie labyrinthique du centre d’art. Pour la première fois dans son travail, dessins et sculptures s’assemblent afin de former un jeu permanent de construction et de déconstruction. Les dessins servent ainsi de repères optiques, sans vraiment l’être, pour des installations réelles qui prennent appui sur l’architecture du bâtiment. Mais, par un effet de distorsion, cette architecture va peu à peu se déplacer, quitte à se liquéfier sur elle-même, comme dans le fameux ouvrage La Maison des Feuilles de Mark K. Danielewski, dans lequel une maison disparaît dès qu’elle se sent observée.
Comme toujours dans le travail de Tatiana Trouvé, l’exposition aborde la possibilité d’une activité dont on ne connaît ni le sens, ni le nom. Et encore moins la portée. Chaque sculpture est le signe de cette potentialité non avouée. Chaque dessin en est le reflet, ou au contraire l’origine. Les notions d’échelle et d’espace sont mis en abîme afin de se perdre à travers des repères aléatoires et incertains. Avec Tatiana Trouvé les choses ne sont pas forcément placées où elles devraient être. Rien ne semble jamais déterminé… C’est la pertinence d’une œuvre qui se reconstruit toujours d’elle-même sans pour autant se ressembler. « Tout ce qui est fixé est mort, tout ce qui n’est pas fixé n’est rien », écrivait Paul Valery.

Version anglaise disponible ici.